PROBLÈMES DE SANTÉ MENTALE
ET RECOURS AUX MÉDICAMENTS PSYCHOTROPES :
fiches d'information à l'intention des intervenants jeunesse
 
 
Les antidépresseurs
 
1. Considérations générales | 2. Les ACT | 3. ISRS et ISRN | 4. Autres | 5. Antidépresseurs en développement
 
1. Considérations générales sur les antidépresseurs

Le tout premier antidépresseur a été découvert accidentellement en travaillant sur la mise au point d'un antibiotique destiné à soigner la tuberculose. Depuis, le nombre de médicaments antidépresseurs n'a cessé de croître, de telle sorte qu'il en existe aujourd'hui quatre grandes familles.

Peu importe la classe d'antidépresseurs, le principe d'action de ceux-ci consiste généralement à augmenter la concentration de neurotransmetteurs au niveau des synapses. L’effet antidépresseur de ces médicaments est attribuable soit à la prévention du recaptage par les neurones présynaptiques, soit à l'inhibition des enzymes de dégradation. Dans tous les cas, on cherche à provoquer une accumulation de neurotransmetteurs dans l’espace synaptique. La plupart des antidépresseurs agissent sur la sérotonine (ou 5-HTT) d'une façon qui est plus ou moins sélective (les autres neurotransmetteurs souvent visés étant la dopamine et la noradrénaline).

Les antidépresseurs sont officiellement indiqués pour le traitement de diverses formes de dépression, mais aussi pour le traitement de l’anxiété (trouble obsessionnel-compulsif ou TOC, phobie sociale, trouble panique) et de l’énurésie (dans le cas de l'imipramine).

L'usage courant fait en sorte que les antidépresseurs peuvent être aussi prescrits pour d’autres troubles.  De fait, on peut aussi prescrire les antidépresseurs pour lutter contre les troubles de l’alimentation (anorexie, boulimie), l’alcoolisme, la toxicomanie, les comportements agressifs, les troubles du sommeil et les troubles de l’attention avec hyperactivité (TDA/H).

Il semble que les antidépresseurs soient très efficaces dans environ un tiers des cas, assez efficaces dans un autre tiers des cas et ne le soient pas pour les cas restants. Il est à noter qu'à ce jour, plusieurs antidépresseurs n'ont pas vraiment fait la preuve de leur supériorité par rapport à un placebo (Bezchlibnyk-Butler et Virani, 2004).

Les effets possibles des antidépresseurs sur l’humeur se produisent dans les 7 à 14 jours qui suivent le début de l’administration. Avant d’atteindre une efficacité optimale, une durée de 6 à 8 semaines est parfois nécessaire. Afin d’éviter la rechute, on recommande de poursuivre le traitement pour une période minimale de 6 mois. Il est de plus recommandé d’interrompre la médication de façon progressive.

Depuis leur mise en marché, plusieurs antidépresseurs ont été associés à un accroissement des idées suicidaires, de l'hostilité et de l'agitation psychomotrice dans les essais cliniques impliquant des adultes, des enfants et des adolescents. Ainsi, récemment l'on a estimé que la paroxetine et la venlafaxine provoquent de tels symptômes dans 2 à 4% des cas. Cela est généralement attribué au regain d'énergie que procure la médication.

Classification des antidépresseurs

  1. D’abord, il y a les antidépresseurs tricycliques (ACT) dont l’usage est répandu, mais dont l’utilité est remise en cause parce qu’ils provoquent de nombreux effets secondaires.
  2. Puis, viennent les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO) qui sont peu utilisés aujourd’hui à cause de leur toxicité (conséquemment, on n'en traitera pas davantage).
  3. On retrouve ensuite les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) / de la noradrénaline (ISRN), des substances qui sont moins toxiques à fortes doses que les précédentes et plus facile à prescrire.  Cependant, leurs effets à long terme restent relativement méconnus.
  4. Finalement, il y a la 4e famille d'antidépresseurs, qui ne peuvent être classés dans les catégories précédentes puisqu’ils agissent de façon différente. La cote de popularité de ces nouveaux antidépresseurs augmente sans cesse, de telle sorte qu’ils occupent maintenant une grande part du marché
 
2. Les ACT (Antidépresseurs tricycliques et hétérocycliques)
 

Nom de la molécule
(nom commercial ®)

Mécanisme d'action

Doses quotidiennes selon le CPS/ Joffe et al. (2002) (pour les adultes)

Dose de départ recommandée pour enfants

Doses quotidiennes cibles recomman-
dées enfants/ados

Indications approuvées (Canada ou États-Unis)

Indications addition-nelles

Amitriptylline
Amitryptilline
Apo Amitryptilline

Inhibition de la recapture
sérotonine et
noradrénaline

50 - 300 mg

Enf. : 10 mg
Ados : 10 - 25 mg

45 - 200 mg (max. : 1,5 mg/kg/jour)

Dépression

Troubles anxieux, TDAH

Clomipramine
Anafranil
Apo-Clomipramine
CO Clomipramine
Gen-Clomipramine
Novo clopamine

Inhibition de la recapture
sérotonine et
noradrénaline

75 - 300 mg

Enf. : 10 mg
Ados : 10 - 25 mg

3 - 5 mg/kg/jour

Dépression, TOC

Troubles anxieux, TDAH, autisme avec comportement ritualisé et agression

Désipramine
Norpramin
APO- Desipramine
NU- Desipramine
PMS- Desipramine

Inhibition de la recapture
sérotonine et
noradrénaline

75 - 300 mg

Enf. : 10 mg
Ados : 10 - 25 mg

Max. : 5 mg/kg/jour

Dépression

Troubles anxieux, TDAH

Doxepine
Sinequan
Apo- Doxepin
Novo- Doxepin

Inhibition de la
recapture
sérotonine et
noradrénaline

75 - 300 mg

Enf. : 10 mg
Ados : 10 - 25 mg

Max. : 5 mg/kg/jour

Imipramine
Tofranil
Apo- Imipramine

Inhibition de la
recapture
sérotonine et
noradrénaline

75 - 300 mg

Enf. : 10 mg
Ados : 10 - 25 mg

Max. : 2,5 mg/kg/jour
Jusqu’à 250 mg

Dépression Énurésie fonctionnelle et persistante chez les enfants de plus de 5 ans.

Troubles anxieux, TDAH

Nortriptilline
Aventyl
Apo- Nortriptilline
Gen- Nortriptilline
Novo- Nortriptilline
Nu- Nortriptilline
Ratio- Nortriptilline

Inhibition de la recapture sérotonine et noradrénaline

50 - 150 mg

Enf. : 10 mg
Ados : 10 - 25 mg

Max. : 2 mg/kg/jour
Jusqu’à 140 mg

Dépression

Troubles anxieux, TDAH

Trimipramine
Surmontil
Apo-Trimip
Nu-Trimipra
mine

Rhotrimine
Inhibition de la recapture sérotonine et noradrénaline 50 - 300 mg

Enf. : 10 mg

Ados : 10 - 25 mg
Jusqu’à 100 mg Dépression Troubles anxieux, TDAH

Protriptyline

Triptil ®
  20 - 60 mg

Enf. : 5 mg

Ados : 5 - 10 mg
Jusqu’à 20 mg    
Elavil
Ludiomil
Norpramin
Sinequan
Surmontil
 

Les « tricycliques » (ci-après ATC) ont été baptisés ainsi du fait de leur structure chimique qui comporte trois cycles. Apparus dans les années '60, les ATC agissent en augmentant la présence de la noradrénaline entre les cellules nerveuses. Soit qu'ils en stimulent la libération, soit qu'ils en diminuent le « recaptage ». Les ACT sont efficaces pour traiter la dépression majeure, la dépression atypique et la dépression psychotique (en combinaison avec des neuroleptiques).

En plus des différents types de dépression, les ACT peuvent être utilisés pour traiter :  

  • le trouble obsessionnel-compulsif
    • principalement la clomipramine (Anafril)
  • le trouble panique
    • l’imipramine (Tofranil)
    •  nortriptyline (Aventyl);

L’efficacité des ACT est souvent remise en cause en vertu des nombreux effets secondaires qu’ils provoquent (voir section suivante). Plusieurs praticiens continuent néanmoins de les utiliser. En général, il n’est pas recommandé de prescrire des tricycliques à des personnes présentant un risque suicidaire élevé, étant donné la gravité des intoxications causées en cas de surdosage.

Chez les jeunes
Chez les jeunes, hormis les syndromes dépressifs et anxieux, les antidépresseurs tricycliques peuvent tout d'abord être utilisés pour traiter le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) quand : a) les psychostimulants sont inefficaces ou produisent des effets secondaires inacceptables (dysphorie, perte de poids, exacerbent les tics ou le trouble de Tourette), ou b) le patient est à risques élevés d’abuser ou de vendre les stimulants qui lui sont prescrits. Dans les cas de TDA/H, les ACT peuvent avoir l’avantage de diminuer les symptômes dépressifs et les risques de dysphorie qui peuvent être induits par les psychostimulants. Ce sont habituellement la nortriptyline(Aventyl, maximum de 4,5 mg/kg/jour en 2 doses), l’imipramine (Tofranil) et la désipramine (Norpramin, Pertofrane maximum de 5 mg/kg/jour en 3 doses) qui sont prescrites.

On y a aussi recours pour :

  • l’énurésie
    • l’imipramine (Tofranil) surtout
    • l’amitryptiline (Elavil)
    • nortriptyline (Aventyl) (pour le traitement de l’énurésie, les doses sont moins élevées que pour le traitement de la dépression par contre);
  • le traitement de l’agitation et de l’agressivité
    • l’amitrityline (Elavil).

Effets secondaires de classe

  • Bouche et yeux secs, vision trouble, fatigue, étourdissements, somnolence, gain de poids, dysfonction sexuelle, constipation.
  • Les effets secondaires sur le rythme cardiaque, sur la pression et sur la confusion sont plus notés chez les personnes âgées
  • Abaissement du seuil convulsif chez les personnes épileptiques

Mises en garde

  • Risque de désinhibition avec augmentation du risque suicidaire lors de l’instauration du traitement et lors des augmentations de dosage
  • Risque d’induire des épisodes de manie chez des personnes souffrant de maladie bipolaire.
  • Produits avec une marge sécuritaire limitée : très toxiques en cas de surdosage. Devrait être dispensés en quantité limitée.
  • En outre, il semble que les ACT peuvent entraîner des psychoses délirantes chez les sujets prédisposés et les personnes âgées, surtout la nuit.

Surdosage
Si les doses critiques peuvent varier, il s'avère qu’une trop forte consommation d’ACT peut entraîner des troubles respiratoires et cardiaques, de l’agitation, une baisse de la tension artérielle, de la difficulté à parler, une forte fièvre, un état de confusion, des convulsions, de la désorientation, éventuellement un coma et la mort.

Principales interactions pharmacologiques des tricycliques avec d'autres médicaments et des drogues illicites (Ben-Amar, 2004)
Alprazolam
Amphétamines et dérivés
Apo-Loxapine
Barbituriques
Benadryl, Nytol, Gravol
Benzodiazépines
Buspar
Cannabis et dérivés
Celexa
Clonazépam
Clopixol
Clozaril
Cocaïne                                    
Desyrel
Diazépam
Effexor
Épival
Fluanxol
Haldol
Kétamine

(!!)


(!!)


*



   
 
*
 
 
 (!!!)
 (!!)
 
 (!!)
 
Lithium
Lorazépam
LSD et analogues
Luvox
MDMA
Méthylphénidate
Orap
Oxazépam
Paxil
Phencyclidine (PCP)
Phénothiazines
Prozac
Remeron
Risperdal
Seroquel
Tegretol
Wellbutrin
Zoloft
Zyprexa
(!!)

*


(!)
(!!!)



(!!)




(!!)
(!!)
Légende: Interaction majeure (!!!) : Peuvent mettre en danger la vie du consommateur ou causer des dommages permanents.
Interaction modérée (!!) : Effets significatifs. Dans certains cas de réactions indésirables, ils peuvent entraîner une détérioration clinique. Un traitement additionnel ou parfois l’hospitalisation peuvent être requis.
Interaction mineure (!) : Les effets sont généralement peu marqués. Ils n’affectent pas de façon significative l’issue thérapeutique et n’entraînent pas de conséquences sérieuses pour le récipiendaire.
Interaction variable (±) : Les effets varient selon les doses utilisées et la sensibilité particulière de chaque consommateur

Il est à noter que la combinaison du méthylphénidate (Ritalin) et de l’imipramine(Tofranil) peut parfois causer un syndrome de confusion, de labilité affective, d’agressivité et d’agitation sévère. Ces effets indésirables disparaissent quand la médication est arrêtée.

 
3. ISRS et ISRN (Inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine / de la noradrénaline)
Avant-dernière née des familles des antidépresseurs, les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) ou de la noradrénaline (ISRN) comportent peu d'effets secondaires indésirables. Comme leur nom l'indique (« sélectif »), ils agissent de manière très ciblée.  Grâce à leur spécificité, ces médicaments n'influencent pas la neurotransmission de l'acétylcholine (ni l'histamine, ni la tyramine). Ils sont généralement sécuritaires, efficaces et bien tolérés. Tout ceci en fait le traitement de premier choix pour les épisodes dépressifs ou pour les troubles anxieux. Par contre, les ISRS comportent de nombreux risques d'interactions médicamenteuses.
 

Nom de la molécule

Mécanisme d'action

Dose quotidienne selon le CPS/ Joffe et al. (2002) (pour les adultes)

Dose de départ recommandée pour enfants

Dose quotidienne cible recomman-
dée enfants/ados

Indications approuvées (Canada ou États-Unis)

Indications

addition-
nelles

Citalopram

Celexa ®
Riva-citalopram
Apo-citalopram
Ratio-citalopram
Rhoxal-citalopram
Gen-citalopram
Novo-citalopram

Inhibition de la recapture de la sérotonine

20 à 60 mg

Enf. : 10 mg
Ados : 10 mg

10 – 40 mg

Dépression

Voir fluoxétine.
Cet ISRS est l'inhibiteur le plus  sélectif et puissant du recaptage de la sérotonine. Cet IRSR a été commercialisé en 1999 et est maintenant un des plus populaires.

Fluoxetine

Prozac ®
Apo-fluoxétine
Gen-fluoxétine
Novo-fluoxétine
Nu-fluoxétine
PMS-fluoxétine
Ratio-fluoxétine
Rhoxal-fluoxétine

Inhibition de la recapture de la sérotonine

10 à 80 mg

Enf. : 5 mg
Ados : 5 mg

5 – 60 mg
(jusqu’à 80 mg dans les cas d’autisme)

Dépression, TOC, boulimie. Approuvé pour les enfants de 8 ans et plus aux États-Unis

Troubles anxieux, agression/troubles impulsifs, dysthymie, sevrage de l'alcool et des drogues,  céphalées chroniques

Fluvoxamine
Luvox ®
Rhoxal-fluvoxamine
Novo-fluvoxamine
Pms-fluvoxamine
Apo-fluvoxamine
Ratio-fluvoxamine

Inhibition de la recapture de la sérotonine

50 à 300 mg

Enf. : 25 mg
Ados : 25 – 50 mg

25 - 200 mg
(rarement plus de 300 mg)

Dépression, TOC.
Approuvé pour les enfants de 8 ans et plus aux États-Unis

Voir fluoxétine

Paroxetine
Paxil ®
PaxilCR ®
Rhoxal-paroxétine
Novo-paroxétine
Riva-paroxétine
Gen-paroxétine
Ratio-paroxétine
Pms-paroxétine
Apo-paroxétine

Inhibition de la recapture de la sérotonine

20 à 60 mg

Enf. : 5 mg
Ados : 10 mg

5 – 40 mg

Dépression, TOC, trouble panique, phobie sociale.

Le plus puissant de cette classe de médicament. Il est souvent utilisé pour ses effets sur l’anxiété en plus de ses effets antidépresseurs

Sertraline

Zoloft ®
Pms-sertraline
Novo-sertraline
Ratio-sertraline
Gen-sertraline
Apo-sertraline

Inhibition de la recapture de la sérotonine

50 à 200 mg

Enf. : 25 mg
Ados : 50 mg

50 – 200 mg

Dépression, TOC, trouble panique, syndrome de stress post-traumatique
Approuvé pour les enfants de 8 ans et plus aux États-Unis

Voir fluoxétine

Escitalopram
Cipralex ®

 

 

 

 

 

 

Outre les troubles dépressifs, les ISRS peuvent être utilisés pour le traitement de plusieurs autres troubles, dont :

  • le trouble d’anxiété généralisé
  • le trouble obsessionnel-compulsif;
  • la boulimie nerveuse
  • le trouble panique;
  • la phobie sociale;
  • le syndrome de stress post-traumatique
  • les troubles pré-menstruels;
  • l’agitation et l’agressivité (chez les patients qui présentent aussi une dépression et/ou une dysthymie de façon comorbide avec l’agitation et/ou l’agressivité).

Les ISRS sont des médicaments à action prolongée qui peuvent être donnés au moyen d'une seule dose quotidienne, habituellement le matin. L'effet thérapeutique apparaît habituellement après 3 à 5 semaines d'utilisation. Plusieurs patients dépressifs répondent bien à de faibles doses. L'augmentation trop rapide du dosage peut mener à des effets secondaires indésirables, notamment le passage soudain (ou « switch ») en état d'euphorie et de manie.

Chez les jeunes
Peu d’études ont été menées concernant l’efficacité des ISRS/ISRN chez les enfants. Contrairement à la situation qui prévaut pour les ACT, les doses quotidiennes recommandées pour ce groupe d’âge n’ont pas été établies. Il est noté aussi que très peu d'études ont documenté à ce jour les effets du recours aux ISRS à long terme chez les enfants et les adolescents (Bezchlibnyk-Butler et Virani, 2004).

Effets secondaires de classe
Par rapport aux ACT, les ISRS/ISRN ont l’avantage de causer peu d’effets anticholinergiques (tels que gains de poids, sédation). Ils provoquent néanmoins quelques effets secondaires, qui se résorbent généralement après 2 à 3 semaines de traitement.

Nausées (prendre en mangeant), céphalées, agitation insomnie, somnolence, dysfonction sexuelle, sécheresse de la bouche, sudation.

Mises en garde

  • Risque de désinhibition avec augmentation du risque suicidaire lors de l’instauration du traitement et lors des augmentations de dosage
  • Risque d’induire des épisodes de manie chez des personnes souffrant de maladie bipolaire
  • Interaction avec le LSD : augmente les flashbacks du LSD et augmentation des niveaux sériques.

Retrait de la médication
Le retrait abrupt et soudain d'un ISRS/ISRN peut engendrer des symptômes somatiques (léthargie, nausée, vomissements, diarrhée, transpiration, malaises, insomnie), des symptômes neurologiques (myalgies, dyskinésies, mauvaise coordination visuelle) ou psychologiques (irritabilité, impulsivité, confusion, pleurs). Aussi est-il recommandé de diminuer progressivement la dose (environ 25% par semaine) à la fin du traitement.

Surdosage
La sécurité des IRSR/ISRN, i.e. leur non-toxicité, leur a valu une grande popularité au cours des dernières années. (Même s'il y a lieu de croire que les représentants de la 4e famille d'antidépresseurs vont bientôt prendre le dessus). Même lorsque consommés à de très fortes doses (ex., 2000 mg), ils ne sont que rarement mortels, à moins qu'on ne les combine avec de l'alcool. Néanmoins, un surdosage entraînera de l’agitation, de la fébrilité, de l’hypomanie, des tremblements, des étourdissements, de la sudation, des nausées, des vomissements, des crampes abdominales, de l’insomnie, de la somnolence, des maux de tête, des troubles de la mémoire et des convulsions dans certains cas.

Inhibiteurs du recaptage de la sérotonine / de la noradrénaline

Nom de la molécule

Mécanisme d'action

Dose quotidienne selon le CPS/ Joffe et al. (2002) (pour les adultes)

Dose de départ recommandée pour enfants

Dose quotidienne cible recommandée enfants/ados

Indications additionnelles

Duloxétine
Cymbalta

approuvé Santé Canada novembre 2007 (voir le site)

Venlafaxine Effexor ®

Inhibition de la recapture de la sérotonine et noradrénaline

75 à 225 mg

Enf. : 12,5 mg
Ados : 18,75 – 37,5 mg

1 – 2 mg/kg/jour
8-12 ans : 12,5 – 37,5 mg
13-17 ans : 25 – 75 mg (doses plus élevées occasionnellement nécessaires)

Cet ISRS est un peu différent des autres: un inhibiteur du recaptage de la sérotonine-noradrénaline (IRSN). Indiqué pour le traitement de la dépression et du trouble d’anxiété généralisé.*

*Des doses agressives d'Effexor peuvent mener à des améliorations cliniques rapides, mais les risques liés à son utilisation sont aussi élevés. On réserve donc cet antidépresseur en général aux patients qui requièrent un traitement rapide à cause de risques élevés (par exemple risque de mortalité – suicidaire -  lié à la sévérité de la dépression).

Effets secondaires de classe

  • Anorexie, perte de poids, sécheresse de la bouche.
  • Abaissement du seuil convulsif.
  • Nausées (prendre en mangeant), agitation, insomnie, somnolence, dysfonctions sexuelles, céphalées, sudation.

Mises en garde

  • Recommandation du manufacturier de ne pas employer avant 18 ans.
  • Risque de désinhibition avec augmentation du risque suicidaire lors de l’instauration du traitement et lors des augmentations de dosage
  • Syndrome de discontinuation à l’arrêt brusque du médicament
  • Risque d’induire des épisodes de manie chez des personnes souffrant de maladie bipolaire
  • Interaction avec le LSD : augmente les flashbacks du LSD et augmentation des niveaux sériques
  • Interaction avec le millepertuis
  • Éviter chez la femme enceinte, risque de complications à la naissance (rapport de Santé Canada, août 2004)
  • Duloxétine : risque de toxicité hépatique chez les individus consommant de grandes quantités d’alcool

Principales interactions pharmacologiques des ISRS/ISRN avec d'autres médicaments et des drogues illicites (Ben-Amar, 2004)

Substance combinée avec le Citalopram (Celexa)

Conséquences possibles

Gravité

Carbamazépine (Tegretol)
Stabilisateur de l’humeur

Diminution des effets du citalopram

(!!)

     

Substance combinée avec la Fluoxétine (Prozac)

Conséquences possibles

Gravité

Acide acétylsalicylique
(Arpirin et autres)
Anti-inflammatoires

Urticaire

(±)

Amphétamines

Augmentation des effets des amphétamines
Syndrome sérotoninergique incluant agitation, confusion, irritabilité, altération de la conscience, faiblesse, rigidité musculaire, fièvre, transpiration, frissons, tremblements, hypertension, convulsions et collapsus cardiovasculaire.

(!!!)

Benzodiazépines

Augmentation des effets de certaines benzodiazépines (surtout alprazolam, diazépam, midazolam et triazolam)

(!!)

Buspirone (Buspar)
Anxiolytique

Diminution des effets de la buspirone
Aggravation des troubles obsessionnels-compulsifs

(!!)

Carbamazépine (Tegretol)
Stabilisateur de l’humeur

Augmentation des effets de la carbamazapine

(!!)

Dextrométhorphane (ex : Balminil, Benylin, Robitussin)
Antitussif (contre la toux)

Hallucinations

(!!)

LSD

Augmentation des risques de convulsions

(±)

MDMA (Ecstasy)

Augmentation des effets de la MDMA

(±)

Pimozide (Orap)
Antipsychotique

Bradycardie (ralentissement cardiaque) sévère, potentiellement mortelle

(!!!)

Rispéridone (Risperdal)
Antipsychotique

Augmentation des effets de la Rispéridone

(!!)

Thioridazine (Mellaril)
Antipsychotique

Augmentation des risques d’arythmies cardiaques fatales

(!!!)

     

Substance combinée avec la Fluvoxamine (Luvox)

Conséquences possibles

Gravité

Benzodiazépines

Augmentation des effets de certaines benzodiazépines (surtout alprazolam, diazépam, midazolam et triazolam)

(!!)

Buspirone (Buspar)
Anxiolytique

Diminution des effets de la buspirone

(!!)

Carbamazépine (Tegretol)
Stabilisateur de l’humeur

Augmentation des effets de la carbamazépines

(!!)

Clozapine (Clozaril)
Antipsychotique

Augmentation des effets de la clozapine

(!!)

Jus de pamplemousse

Augmentation des effets de la fluvoxamine

(!!)

Méthadone
Traitement du sevrage aux opiacés

Augmentation des effets de la méthadone

(!!)

Mirtazapine (Remeron)
Antidépresseur

Augmentation des effets de la mirtazapine

(!!)

Rispéridone (Risperdal)
Antipsychotique

Augmentation des effets de la risperidone

(!!)

Thioridazine (Mellaril)
Antipsychotique

Augmentation du risque d’arythmies cardiaques fatales

(!!!)

     

Substance combinée avec la Paroxétine (Paxil)

Conséquences possibles

Gravité

MDMA (Ecstasy)

Augmentation des effets de la MDMA

(±)

Millepertuis
Antidépresseur d’origine végétale

Effets synergiques
Léthargie, incohérence

(!!)

Phénobarbital
Barbiturique

Diminution des effets de la paroxetine

(!!)

Thioridazine (Mellaril)
Antipsychotique

Augmentation du risque d’arythmies cardiaques fatales

(!!!)

     

Substance combinée avec la Sertraline (Zoloft)

Conséquences possibles

Gravité

Carbamazépine (Tegretol)
Stabilisateur de l’humeur

Diminution des effets de la sertraline
Augmentation des effets de la carbamazépine

(!!)

Diazépam (Valium)
Benzodiazépine

Augmentation des effets du diazépam

(!!)

Millepertuis
Antidépresseur d’origine végétale

Effets synergiques
Syndrome sérotoninergique léger

(!!)

Pimozide (Orap)
Antipsychotique

Augmentation des effets du pimozide
Risque d’arythmies cardiaques et de mort subite

(!!!)

     

Substance combinée avec la Venlafaxine (Effexor)

Conséquences possibles

Gravité

Alcool

Potentialisation des effets dépresseurs sur le SNC

(±)

Antidépresseurs tricycliques

Augmentation des effets de la venlafaxine
Augmentation des effets des antidépresseurs tricycliques
Précipitation du syndrome sérotoninergique

(!!!)

Bupropion (Wellbutrin)
Antidépresseur

Augmentation des effets de la venlafaxine

(!)

Clozapine (Clozaril)
Antipsychotique

Convulsions
Augmentation des effets de la venlafaxine
Augmentation des effets de la clozapine

(!!)

Halopéridol (Haldol)
Antipsychotique

Augmentation des effets de l’halopéridol

(!!)

IMAO
Antidépresseurs

Syndrome sérotoninergique incluant agitation, confusion, irritabilité, altération de la conscience, faiblesse, rigidité musculaire, fièvre, transpiration, frissons, tremblements, hypertension, convulsions et collapsus cardiovasculaire.

(!!!)

ISRS
Antidépresseurs

Syndrome sérotoninergique incluant agitation, confusion, irritabilité, altération de la conscience, faiblesse, rigidité musculaire, fièvre, transpiration, frissons, tremblements, hypertension, convulsions et collapsus cardiovasculaire.

(!!!)

Phénobarbital
Barbiturique

Diminution des effets de la venlafaxine

(!)

Phénothiazines
Antipsychotiques

Syndrome neuroleptique malin (anxiété, propos incohérents, rigidité musculaire, hyperréflexie, transpiration, frissons, tremblements, hypertension, altération de la conscience)

(!!!)

Légende: Interaction majeure (!!!): Peuvent mettre en danger la vie du consommateur ou causer des dommages permanents.
Interaction modérée (!!): Effets significatifs. Dans certains cas de réactions indésirables, ils peuvent entraîner une détérioration clinique. Un traitement additionnel ou parfois l’hospitalisation peuvent être requis.
Interaction mineure (!): Les effets sont généralement peu marqués. Ils n’affectent pas de façon significative l’issue thérapeutique et n’entraînent pas de conséquences sérieuses pour le récipiendaire.
Interaction variable (±): Les effets varient selon les doses utilisées et la sensibilité particulière de chaque consommateur.

Celexa
Effexor
Paxil
Zoloft
 
4. Les autres antidépresseurs: bupropion, nefazodone, mirtazapine et trazodone

Nom de la molécule

Mécanisme d'action

Doses quotidiennes selon le CPS/ Joffe et al. (2002) (pour les adultes)

Dose de départ recommandée pour enfants

Doses quotidiennes cibles recommandées enfants/ados

Indications approuvées (Canada ou États-Unis)

Indications addition-nelles

Bupropion

Wellbutrin ®
Ziban ® (fumeurs)

Modulateur de la noradrénaline et de la dopamine

100 à 400 mg
(doses maximales de 150 mg à la fois)

Enf. : 100 mg
Ados : 100 mg

3 – 6 mg/kg/jour

dépression

TDAH, abandon de la cigarette

Mirtazapine

Remeron ®

Inhibiteur alpha-2 et sérotonine

15 à 45 mg

Enf. : 7,5 mg
Ados : 15 mg

15 – 45 mg

dépression

Trouble panique, insomnie

Nefazodone

Serzone ®

Inhibiteur de la recapture sérotonine et norépiné-phrine

100 à 600 mg en doses fractionnées

Enf. : 50 mg
Ados : 50 mg

< 12 ans : 100 – 300 mg
> 12 ans : 100 – 600 mg

dépression

Troubles anxieux, TDAH

Trazodone

Desyrel ®
Apo-Trazodone
Desyrel- Dividose
Gen-Trazodone
Novo-Trazodone
Nu-Trazodone
Nu-trazodone D
PMS-Trazodone
ratio-Trazodone
ratio-Trazodone Dividose

Inhibiteur alpha-2 et sérotonine

150 à 600 mg en doses fractionnées (2 à 3 doses)

Enf. : 25 mg
Ados : 50 mg

1 – 2 mg/kg/jour

dépression

Troubles anxieux, insomnie, TDAH, dépendance à l'alcool

4.1 Bupropion (Wellbutrin)
Cet antidépresseur a été créé au terme d'un programme de recherche visant à trouver un médicament ayant les caractéristiques suivantes : 1) différent des tricycliques pharmacologiquement et biochimiquement ; 2) qui ne soit pas un inhibiteur de la monoamine oxydase (IMAO); 3) qui n’affecte pas le système sympathique ; 4) qui ne possède pas d’effets anticholinergiques ; 5) qui ne soit pas un dépresseur cardiaque.

Le bupropion possède des effets comparables aux antidépresseurs classiques (ISRS/ISRN et ACT), mais il possède moins d’effets secondaires et est moins dangereux que ces derniers. Le bupropion est un faible antagoniste de la dopamine. Il est aussi qualifié de faible inhibiteur du recaptage de la noradrénaline. Ainsi, le bupropion bloque le recaptage de la noradrénaline et de la dopamine.

Indications
  • Il est indiqué pour le soulagement symptomatique de la dépression ;
  • Il est aussi utilisé dans le traitement de la dépendance à la nicotine (chez les adultes). Dans de tels cas, le médicament utilisé s’appelle le Ziban plutôt que Wellbutrin;
  • Il est prescrit dans les cas de TDA/H principalement lorsque qu’un trouble des conduites ou un trouble d’abus de substance lui est concomitant. Il peut diminuer l’hyperactivité et l’agressivité en plus d’améliorer les performances cognitives. L’efficacité du bupropion est comparable à celle du méthylphénidate (psychostimulant) pour diminuer les symptômes comportementaux et cognitifs du TDA/H. Dans ces cas de TDA/H, il est possible que le bupropion augmente les tics quand le syndrome de Gilles de la Tourette est aussi présent ;
  • Le bupropion peut-être efficace dans les cas de troubles bipolaires;
  • Chez les boulimiques, le bupropion peut aider à diminuer les crises de gavage.

Effets secondaires

  • Insomnie, bouche sèche, céphalées, agitation, nausées étourdissements, constipation, tremblements, diaphorèse, rêves anormaux, acouphènes, anorexie et perte de poids
  • Augmentation de la tension artérielle

Mises en garde

  • Contre-indiqué dans l’épilepsie.
  • Recommandation du manufacturier de ne pas introduire avant 18 ans.
  • Risque de désinhibition avec augmentation du risque suicidaire lors de l’instauration du traitement et lors des augmentations de dosage
  • Syndrome de discontinuation à l’arrêt brusque du médicament
  • Risque d’induire des épisodes de manie chez des personnes souffrant de maladie bipolaire
  • Interaction avec le LSD : augmente les flashbacks du LSD et augmentation des niveaux sériques
  • Interaction avec le millepertuis

Surdosage
Le bupropion est moins léthal que les autres antidépresseurs lors de surdosage. Par rapport aux jeunes présentant un trouble du déficit de l'attention, son avantage réside dans le fait qu’il présente peu de potentiel d’abus et de dépendance, même quand il est administré chez des sujets présentant un passé d’abus d’amphétamines. Un surdosage peut néanmoins entraîner des symptômes de confusion, léthargie, nausées, énervement, convulsions, hallucinations. Dans les cas les plus graves, il peut mener à la perte de conscience et à la tachycardie.

Interactions possibles
  • Avec IMAO, antiparkinsoniens et fluoxetine : augmentation des effets secondaires.
  • Avec lithium: peut changer le niveau de lithium.
  • Avec la carbamazepine : diminue le niveau de bupropion.
  • Aussi : mépéridine (Démérol), Phénothiazines (ex: Largactil), Quétiapine (Séroquel) Rispéridone (Risperdal), Antidépresseurs tricycliques, warfarine :

Principales interactions pharmacologiques du bupropion avec d'autres médicaments et des drogues illicites (Ben-Amar, 2004)

Substance combinée avec le Bupropion (Wellbutrin)

Conséquences possibles

Gravité

Dépresseurs du SNC

Potentialisation des effets dépresseurs sur le SNC

(±)

Antidépresseurs tricycliques

Augmentation des effets des antidépresseurs tricycliques

(!!)

Carabamazépine (Tegretol)
Stabilisateur de l’humeur

Diminution des effets du bupropion

(!!)

IMAO
Antidépresseurs

Augmentation des effets toxiques du bupropion : agitation, convulsions, troubles psychotiques

(!!!)

Nicotine par voie transdermique (ex : Nicoderm)
Acide pour cesser de fumer

Augmentation de l’aptitude à s’abstenir de fumer
Fréquence plus élevée d’hypertension (plus importante avec le bupropion à libération prolongée)

(!!)

Phénobarbital
Barbiturique

Diminution des effets du bupropion

(!!)

Venlafaxine (Effexor)
Antidépresseur

Augmentation des effets de la venlafaxine

(!)

Légende: Interaction majeure (!!!) : Peuvent mettre en danger la vie du consommateur ou causer des dommages permanents.
Interaction modérée (!!) : Effets significatifs. Dans certains cas de réactions indésirables, ils peuvent entraîner une détérioration clinique. Un traitement additionnel ou parfois l’hospitalisation peuvent être requis.
Interaction mineure (!) : Les effets sont généralement peu marqués. Ils n’affectent pas de façon significative l’issue thérapeutique et n’entraînent pas de conséquences sérieuses pour le récipiendaire.
Interaction variable (±) : Les effets varient selon les doses utilisées et la sensibilité particulière de chaque consommateur.

4.2 Mirtazapine (Remeron)
Cet antidépresseur est un tetracyclique. Il stimule la libération de la sérotonine / noradrénaline en bloquant certains autorécepteurs qui normalement la régulent. Il est supérieur aux placebos et comparable aux antidépresseurs conventionnels dans le traitement de la dépression majeure. Cet antidépresseur est relativement sécuritaire lors de surdosages.

Effets secondaires

  • Étourdissements;
  • Sédation excessive;
  • Bouche sèche;
  • Augmentation de l’appétit;
  • Augmentation du poids;
  • Nausées (prendre en mangeant);
  • céphalées, agitation insomnie, somnolence, dysfonction sexuelle, augmentation du cholestérol.

Principales interactions pharmacologiques de la mirtazapine avec d'autres médicaments et des drogues illicites (Ben-Amar, 2004)

Substance combinée avec la mirtazapine (Remeron)

Conséquences possibles

Gravité

Dépresseurs du SNC

Potentialisation des effets dépresseurs sur le SNC (amoindrissement des facultés mentales et motrices)

(±)

Carbamazépine (Tegretol)
Stabilisateur de l’humeur

Diminution des effets de la mirtazapine

(!!)

Catapres (Clonidine)
Antihypertenseur

Diminution des effets de la clonidine
Hypertension pouvant être sévère et mettre en danger la vie du patient

(!!!)

Fluvoxamine (Luvox)
Antidépresseur

Augmentation des effets de la mirtazapine

(!!)

Légende: Interaction majeure (!!!) : Peuvent mettre en danger la vie du consommateur ou causer des dommages permanents.
Interaction modérée (!!) : Effets significatifs. Dans certains cas de réactions indésirables, ils peuvent entraîner une détérioration clinique. Un traitement additionnel ou parfois l’hospitalisation peuvent être requis.
Interaction mineure (!) : Les effets sont généralement peu marqués. Ils n’affectent pas de façon significative l’issue thérapeutique et n’entraînent pas de conséquences sérieuses pour le récipiendaire.
Interaction variable (±) : Les effets varient selon les doses utilisées et la sensibilité particulière de chaque consommateur.

4.3 Nefazodone (Serzone)
Cet antidépresseur provoque de la sédation à travers le système sérotoninergique. Il agit comme le trazodone, mais provoque moins d’effets sédatifs. Il bloque les récepteurs postsynaptiques de la sérotonine et inhibe le recaptage présynaptique de la sérotonine et de la noradrénaline.

Indications
Cet antidépresseur est indiqué dans les cas de dépression majeure pour le soulagement des symptômes de la dépression.

Mise en garde importante
Le nefazodone est impliqué dans des interactions importantes avec les benzodiazépines. Les concentrations plasmiques du triazolam et d’alprazolam sont augmentées significativement lors de la prise de nefazodone. De plus, comme pour le trazodone, on a relevé des cas de priapisme associés à la consommation de nefazodone, ce qui implique que les patients prenant cette médication doivent être informés d’être vigilants et de cesser la prise du médicament et de consulter un médecin dans les cas d’érection prolongée ou inappropriée.

Retrait du marché
Le Serzone a été retiré du marché canadien le 27 novembre 2003. En effet, depuis son lancement en 1994, le néfazodone a été associé à des effets hépatiques indésirables, tels que la jaunisse ou l'hépatite. En décembre 2002, on avait recensé 51 rapports canadiens d’hépatotoxicité, allant de cas asymptomatiques jusqu’à la greffe, soupçonnés d’être liés à l’usage de la néfazodone.

4.4 Trazodone (Desyrel)
Cet antidépresseur est très sédatif et occupe maintenant un tiers du marché américain des antidépresseurs. C’est un faible ISRS qui possède peu d’effets anticholinergiques. On le compare aux ISRS puisqu’il agit comme agoniste et antagoniste au niveau de la sérotonine. Au niveau de sa structure chimique, il est analogue à l’alprazolam (classe des anxiolytiques).

Indications
Cet antidépresseur est indiqué dans les cas de dépressions majeures. Il possède de plus des propriétés anti-anxiété et peut aussi être utilisé comme agent pour induire le sommeil. Cet antidépresseur peut avoir une phase latente avant qu’il y ait manifestation d’une réponse thérapeutique.

Chez les enfants
Le trazodone peut être utile pour traiter l’agressivité chez les enfants et les adolescents. Habituellement, une dose de 0,35 mg/kg/jour est nécessaire. Les effets secondaires les plus fréquents par rapport à cette utilisation sont une sédation modérée.

Mise en garde importante
Le trazodone a été associé au priapisme chez l’homme, dans 1/3 des cas, la chirurgie a été nécessaire, entraînant parfois des dysfonctionnements érectiles permanents ou l’impuissance. Il est donc important d’informer les patients de sexe masculin d’être vigilants de toutes les anormalités érectiles possibles et de cesser la médication ainsi que de communiquer avec leur médecin lors d’érection prolongée ou inappropriée.

Effets secondaires
  • Hypotension orthostatique,
  • Nausées (prendre en mangeant), céphalées, agitation insomnie, somnolence, dysfonction sexuelle, étourdissements, sensation de tête légère, bouche sèche, vision trouble, fatigue, constipation, abaisse le seuil convulsif.
  • Rarement : érections prolongées qui nécessitent une intervention chirurgicale

Principales interactions pharmacologiques du trazodone avec d'autres médicaments et des drogues illicites (Ben-Amar, 2004)

Substance combinée avec le trazodone (Desyrel)

Conséquences possibles

Gravité

Dépresseurs du SNC

Potentialisation des effets dépresseurs sur le SNC

(±)

Barbituriques

Potentialisation de la sédation

(!!)

Benzodiazépines

Potentialisation de la sédation

(!!)

Buspirone (Buspar)
Anxiolytique

Risque de toxicité hépatique

(!)

Carbamazépine (Tegretol)
Stabilisateur de l’humeur

Diminution des effets de la trazodone
Augmentation des effets de la carbamazépine

(!!)

Halopéridol (Haldol)
Antipsychotique

Augmentation des effets de la trazodone

(!!)

IMAO
Antidépresseurs

Syndrome sérotoninergique incluant agitation, confusion, irritabilité, altération de la conscience, faiblesse, rigidité musculaire, fièvre, transpiration, frissons, tremblements, hypertension, convulsions et collapsus cardiovasculaire.

(!!!)

ISRS
Antidépresseurs

Augmentation des effets de la trazodone
Syndrome sérotoninergique incluant agitation, confusion, irritabilité, altération de la conscience, faiblesse, rigidité musculaire, fièvre, transpiration, frissons, tremblements, hypertension, convulsions et collapsus cardiovasculaire.

(!!!)

Millepertuis
Antidépresseur d’origine végétale

Effets synergiques
Syndrome sérotoninergique léger

(!!)

Phénothiazines
Antipsychotiques

Augmentation des effets de la trazodone

(!!)

Légende: Interaction majeure (!!!) : Peuvent mettre en danger la vie du consommateur ou causer des dommages permanents.
Interaction modérée (!!) : Effets significatifs. Dans certains cas de réactions indésirables, ils peuvent entraîner une détérioration clinique. Un traitement additionnel ou parfois l’hospitalisation peuvent être requis.
Interaction mineure (!) : Les effets sont généralement peu marqués. Ils n’affectent pas de façon significative l’issue thérapeutique et n’entraînent pas de conséquences sérieuses pour le récipiendaire.
Interaction variable (±) : Les effets varient selon les doses utilisées et la sensibilité particulière de chaque consommateur.

Desyrel
Remeron
Serzone
Wellbutrin

 

 

 
5. Antidépresseurs en développement

Tianepine
C’est un agent qui potentialise la captation de la sérotonine. Il présente peu d’effets anticholinergiques ou cardiovasculaires. Il peut parfois causer l’insomnie et des nausées. Il présente l’avantage d'être efficace pour traiter l’alcoolisme chronique.

Flesinoxan
Ce médicament est un agoniste puissant et sélectif de la sérotonine. Les principaux effets secondaires qu’il peut causer sont des maux de tête, des étourdissements et des nausées.

Reboxetine
C’est un inhibiteur sélectif du recaptage de la noradrénaline qui est plus puissant que la désipramine. Le dosage optimal semble être de 8 à 10 mg par jour pour les adultes. Les principaux effets secondaires sont la somnolence, les tremblements, l’hypotension, la bouche sèche. Ces effets secondaires sont plus fréquents qu’avec la fluoxetine, mais moins qu’avec l’imipramine.