PROBLÈMES DE SANTÉ MENTALE
ET RECOURS AUX MÉDICAMENTS PSYCHOTROPES :
fiches d'information à l'intention des intervenants jeunesse
 
 
Effets secondaires et sevrage
 
1. Effets secondaires | 2. Syndromes de sevrage
 
1. Abrégé des effets secondaires courants des médicaments psychotropes et de leur traitement possible

Effet secondaire

Médicaments courants en cause

Modalité de prévention ou de minimisation

Acathésie (i.e. sensation interne d'agitation motrice souvent décrite comme une impulsion irrésistible de bouger, incapacité de rester assis ou de garder la même position

antipsychotiques

administrer la dose efficace la plus faible
benzodiazépines (ex., clonazepam 0,5-2 mg b-tid)
beta-bloquant (ex., propranol jusqu'à un max. de 40 mg tid)
substituer un nouvel antipsychotique

Confusion

tous les psychotropes

Réduire la dose
vérifier les concentrations sanguines s'il y a lieu
vérifier les interactions médicamenteuses
substituer un médicament à effet anticholinergique moindre
envisager une investigation complète ciblant le délire (ou la démence) en l'absence d'une résolution immédiate

Constipation

médicaments à effets anticholinergiques: antidépresseurs tricycliques, (ex., amitriptyline), neuroleptiques à faible puissance (ex., chlorpromazine), anticholinergiques (ex., benztropine)

augmenter l'apport de liquides, fibre alimentaire, ajouter un laxatif émollient (docusate, Surfak®, Colace®, Regulex®) ou doux (lactulose), et occasionnellement, stimulant

Diarrhée

lithium, ISRS, IRSN

peut indiquer une posologie excessive de lithium. Réévaluer la posologie et réduire si possible
En cas d'administration d'un produit de lithium à libération prolongée, substituer un produit à libération immédiate
réduire la dose d'antidépresseur
si nécessaire, utiliser un antidiarrhéique (ex., subsalicylate de bismuth, lopéramide)

Dysfonction sexuelle

antidépresseurs (ISRS, IRSN, ATC) antipsychotiques

Dysfonction sexuelle due à un antidépresseur
utiliser la dose efficace la plus faible
essai du bupropion, faible dose
comme antidote requis (sildénafil)
substituer un autre antidépresseur (bupropion, moclobémide, nefazodone)
Dysfonction sexuelle due à un antipsychotique
utiliser la dose efficace la plus faible
substituer un antipsychotique présentant un effet dopaminique moindre (ex., olanzapine, quiétiapine)
sildéfinal contre l'impuissance

Dyskinésie tardive

 

antipsychotiques

éviter en utilisant la dose efficace la plus faible
commencer par un antipsychotique atypique ou le substituer

Étourdissements/hypotension orthostatique

adrénolytiques-a (ATC, trazodone, nefazodone, IMAO, antipsychotiques a faible puissance, rispéridone)

Assurer un apport de liquides et d'électrolytes adéquat
Ajouter du sel
Utiliser un bas de contention (un bas ou collant de contention, appliqué correctement, exerce une pression dégressive du pied vers la cuisse et régularise la pression sanguine)
Fludrocortisone
Réduire la dose ou changer le traitement

Gain de poids

Antipsychotiques nouveaux et à faible puissance, lithium, ATC, acide valproïque

utiliser la dose efficace la plus faible
modifier le régime alimentaire (y compris une évaluation des boissons consommées)
accroître le niveau d'activité diurne et de conditionnement physique
substituer un autre traitement

Nausées

ISRS, IRSN, AIRS, lithium

ISRS, IRSN, AIRS:
éviter de commencer par une faible dose
Si modérés, poursuivre le traitement, en permettant aux nausées de disparaître après quelques jours
prendre le médicament avec des aliments
dimenhydrinate

Lithium:
vérifier les concentrations sériques
réduire la dose
utiliser une formulation à libération prolongée

Parkinsonisme

Antipsychotiques

Utiliser la dose efficace la plus faible
Ajouter un anticholinergique
Substituer un nouvel antipsychotique ou un antipsychotique traditionnel à faible puissance

Réaction dystonique

Antipsychotiques

instituer l'antipsychotique avec prudence, en recourant libéralement aux benzodiazépines pour contrôler le comportement
traiter stat à la benztropine 2 mg i.m. ou i.v. ou stat au lorazépam 1 mg i.m. ou i.v.

Sécheresse buccale

médicaments à effets anticholinergiques: antidépresseurs tricycliques, (ex., amitriptyline), neuroleptiques à faible puissance (ex., chlorpromazine), anticholinergiques (ex., benztropine)

utiliser la dose efficace la plus faible
boire de l'eau plus souvent
mâcher de la gomme
bonbons sans sucre
substituts de salive
utiliser un bain dentaire renfermant de la pilocarpine

Sédation

benzodiazépines, anti-dépresseurs (ex., ATC, trazodone), antipsychotiques (ex., chlorpromazine, clozapine, quetiapine)

utiliser la dose minimale efficace
ajuster la posologie en administrant la plus grande dose en soirée
hausser le niveau d'activité diurne
caféine

Syndrome d'interruption

antipsychotiques (faible puissance)  rebond cholinergique

réduire progressivement la dose au cours de plusieurs semaines si possible
recommencer avec une dose probablement acceptable et réduire avec une prudence accrue
voir anticholinergiques (pour antipsychotiques à faible puissance et lors de l'interruption concomitante du traitement anticholinergique) et antipsychotiques au tableau xx

ISRS, IRSN : syndrome d'interruption ISRS / IRSN

recommencer à la dose préalablement acceptable et réduire avec une prudence accrue

ATC: rebond cholinergique

voir ISRS, IRSN au tableau 9réduire progressivement la dose au cours de plusieurs semaines si possible
recommencer à la dose préalablement acceptable et réduire avec une prudence accrue voir antidépresseurs anticholinergiques et tricycliques au tableau 9

benzodiazépines  syndrome de sevrage des benzodiazépines

voir benzodiazépines au tableau 9

Tremblements

 

utiliser la dose efficace la plus faible
ajouter un anticholinergique ou un béta-bloquant contre les tremblements dus à l'antipsychotique
en cas de tremblements dus au lithium: augmenter le nombre de doses quotidiennes, substituer une formulation à libération prolongée ou ajouter des doses faibles d'un béta-bloquant
aucun traitement spécifique contre les tremblements dus à un antidépresseur

Vision trouble

médicaments à effets anticholinergiques: antidépresseurs tricycliques, (ex., amitriptyline), neuroleptiques à faible puissance (ex., chlorpromazine), anticholinergiques (ex., benztropine)

réduire la dose
substituer un médicament à effet anticholinergique moindre

 
2. Abrégé des syndromes de sevrage et modalités d'interruption des traitements

Médicament ou classe

Réaction de sevrage

Modalité d'interruption
du traitement

Tous les psychotropes

des symptômes de sevrage sont fréquents lors de l'interruption d'un traitement aux psychotropes, à quelques exceptions près

Si possible, interrompre les psychotropes progressivement pour minimiser le risque de symptômes de sevrage et de rechute précoce
généralement, est plus longue est la durée du traitement, plus longue est la période de sevrage
arrêter un psychotrope brusquement uniquement si absolument nécessaire

Anticholinergique

rebond cholinergique (voir les antidépresseurs tricycliques)

réduire la dose progressivement au cours de 3 à 4 jours si la dose est faible, et de 7 à 10 jours si la dose est au niveau maximum ou presque

Antidépresseurs tricycliques

rebond cholinergique
nausées, malaise, céphalées, anxiété, coryza, myalgie, transpiration, instabilité
autolimitatifs, habituellement en une semaine
risque accru de rechute dépressive

réduire la dose tricyclique de 50 mg aux 2 jours, jusqu'à atteinte d'une dose de 100 mg par jour, et ensuite de 25 mg aux 2 à 3 jours, jusqu'à inter­ruption complète (paliers de diminution de la dose de  50 % dans le cas de la nortriptyline)
Si une interruption brusque s'avère nécessaire, substituer la benztropine pour minimiser les symptômes autonomes

Antipsychotiques

dyskinésies de sevrage, dystonies, acathésie et rechute

aucun traitement spécifique si ce n'est de vérifier la manifestation de symptômes de sevrage transitoires ou de réinstituer I'antipsychotique et de réduire la posologie plus progressivement
la rechute survient souvent au cours des jours, semaines ou mois après l'interruption du traitement. Les rechutes sont particulièrement aiguës et de manifestation rapide en cas d'une interruption de la clozapine
il convient d'interrompre les antipsychotiques très progressivement, par exemple a raison de 10 % chaque mois chez les patients subissant un traitement a long terme, pour minimiser le risque de rechute précoce.

Benzodiazépines

syndrome de sevrage des benzodiazépines
réactions fréquentes:
rebond du sommeil paradoxal, irritabilité, tremblements, transpiration, nervosité, malaise gastro-intestinal et tension musculaire
complications moins fréquentes: délire, psychose et crises convulsives
d'habitude, dure moins d'une semaine, mais peut se prolonger plusieurs semaines chez certains patients

réduire l'administration de longue durée (>4 mois) graduellement au cours d'au moins 6 semaines
réduire la dose à raison d'environ 10 a 20 % par semaine (en fonction de la dose courante) en prévoyant une diminution non linéaire
utiliser des agents à action prolongée si I'interruption d'un agent à courte action s'avère difficile
faire participer le patient et prévoir une certaine souplesse pour le calendrier de diminution

ISRS, IRSN

Syndrome d'arrêt des ISRS/IRSN:
Plus fréquents: étourdissements, anxiété, nausée, transpiration, coryza, céphalées insomnie
moins fréquents: sensations ressemblant au choc, parasthésies trouble de la vue, myalgies frissons, confusion

réduire la dose au cours d'environ 2 semaines à la fin de traitement, et plus rapidement en cas de substitution d'un autre antidépresseur
Si les symptômes de sevrage sont modérés à aigus, réinstituer les SRS/IRSN et réduire très graduellement

Lithium

risque de rechute précoce:
pas associé à un syndrome de sevrage physique, mais une réduction posologique appropriée peut retarder ou prévenir la rechute chez les patients stabilisés

chez les patients stabilisés pour qui l'interruption du lithium (ou autres thymorégulateurs) s'impose, une réduction graduelle est préconisée, au cours de 4 semaines
la majorité des patients subiront une rechute, mais le délai de rechute peut être nettement prolongé

Stimulants

Risque accru de rechute dépressive
réaction de courte durée (débutant 4 à 12 heures après la dernière dose): symptômes THADA de rebond dans le cadre du traitement du THADA (p ex activité accrue, excitabilité irritabilité, insomnie)
réaction à long terme:
dépression, fatigue extrême

réduire la dose graduellement à raison d'environ 25 % chaque semaine (en fonction de la dose courante)
ajouter un antidépresseur peut s'avérer utile pour soulager des symptômes dépressifs importants