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L'évaluation pédopsychiatrique et ses grands
axes :
le questionnaire, l’examen mental et les diagnostics
multi-axiaux* |
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| 1.Questionnaire | 2. Examen
physique | 3. Examen mental | 4. Formulation d'une synthèse | 5. Diagnostic multiaxial | 6. Pronostic | 7. Plan de
soins (ou d'intervention) individualisé |
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Denis, Gagnon et Gagnon (1999) expliquent
que l'évaluation psychiatrique comporte habituellement sept
grandes sections, à savoir : 1) le questionnaire (i.e. les
thèmes à aborder durant l'entretien), 2) l'examen physique, 3)
l'examen mental (i.e. les signes à observer durant
l'entretien), 4) la formulation d'une synthèse, 5)
l'établissement d'un diagnostic multiaxial, 6) l'estimation du
pronostic et 7) la proposition du plan d'intervention. Le
rapport ainsi rédigé permet de mettre de l'ordre dans le récit
du jeune pour le rendre plus facilement intelligible au lecteur
autorisé qui en prendra connaissance. |
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| 1. Questionnaire |
- Identification
- Raison de la consultation
- Antécédents
- Antécédents psychiatriques
- Antécédents médico-chirurgicaux
- Antécédents judiciaires
- Habitudes
- Médicaments
- Maladie actuelle
- Histoire personnelle longitudinale
- Naissance, première enfance et contexte familial
- Scolarisation
- Période de l'adolescence
- Vie sentimentale et conjugale
- Âge adulte
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| 2. Examen
physique |
Plusieurs maladies
psychiatriques (dépression majeure, panique) peuvent apparaître
sous forme de symptômes somatiques, tout comme plusieurs
maladies physiques (hypothyroïdie, lésion du cerveau) peuvent
se manifester par des symptômes psychiatriques. Voilà pourquoi
un bilan de santé physique accompagne souvent une évaluation
pédopsychiatrique. |
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| 3. Examen
mental |
- Comportement
- Allure générale
- Disposition et attitude
- Niveau d'activité
- Langage et aphasie
- Degré de coopération
- Fiabilité
- Affect et humeur
- Humeur prédominante
- Intérêts
- Pensée
- Cours de la pensée
- Forme de la pensée
- Contenu de la pensée
- Fonctions cognitives
- Sensorium (état de conscience)
- Attention
- Mémoire
- Orientation
- Abstraction
- Intelligence
- Jugement
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Quelques
précisions terminologiques à propos de l'examen
mental
Une distinction fondamentale entre « symptôme » et « signe »
doit d'abord être retenue, aussi bien en psychiatrie que dans
les autres disciplines médicales. Les symptômes sont les
problèmes perçus et signalés par le jeune,
c'est-à-dire ses plaintes subjectives; quant aux signes, ils
désignent les observations faites par le
médecin.
Selon les parties de l'examen mental, le degré d'objectivité
de l'observateur est différent. Ainsi, si un ralentissement
psychomoteur marqué ou un délire spectaculaire ne font pas de
doute, il faut en revanche reconnaître la part d'interprétation
plus grande que suppose l'observation d'une « attitude
dépendante » ou d'une « pensée égocentrique ».
De manière générale, il existe peu de signes
pathognomoniques, i.e. permettant à eux seuls d'établir le
diagnostic selon un raisonnement linéaire tel que « si tel
signe spécifique est présent, alors on a affaire à tel
trouble ». On cherche donc plutôt un ensemble de
signes qui, combinés à l'information subjective donnée
par le jeune, confirment la présence d'un trouble psychiatrique
spécifique.
Les lignes qui suivent précisent quelques termes de l'examen
mental pédopsychiatrique qui pourraient être moins connus des
non-médecins.
Niveau d'activité (vitesse d'exécution et la
quantité de mouvement) : Le niveau d'activité dit
normal est spontané, approprié à la situation, organisé et il
tient compte de la présence d'autrui. Une activité
exagérée se traduit par une mobilité excessive, des
sursauts, de l'hyperactivité et de l'agitation psychomotrice
(ex., la phase maniaque ou l'intoxication à la cocaïne). Une
activité diminuée caractérise par exemple la
dépression, sous forme d'un ralentissement psychomoteur, et la
schizophrénie où le retrait émotionnel s'exprime même dans la
motricité.
Langage : On s'intéresse ici non pas au
contenu du discours (qui sera abordé dans le « Contenu de la
pensée »), mais aux aspects verbaux et non verbaux du
langage en tant que moyen d'expression. On note par
exemple l'intonation qui varie avec le contenu émotionnel du
discours. Il s'agit aussi de prêter attention au vocabulaire
utilisé: riche, nuancé, pauvre, impropre ou mêlant les langues
(ex., français et anglais). La logorrhée correspond à
une surabondance du discours, livré à une vitesse accélérée. On
parle de pression du discours lorsque le jeune a
tendance à poursuivre un monologue en refusant toute
interruption pour qu'on lui pose des questions. Le discours
peut encore être obscur et embrouillé (ex., verbigération ou
salade de mots).
Humeur prédominante : L'humeur prédominante
est l'émotion, le sentiment qui se manifeste le plus
constamment au cours de l'entretien. Après avoir déterminé la
nature de l'humeur ou de l'affect, on doit en apprécier la
pertinence et la concordance avec le propos. L'affect est
inapproprié ou discordant s'il est en
opposition avec le contenu de la pensée ou du discours, par
exemple chez un jeune qui se met à rire en se disant menacé
d’agression par ses camarades.
Intérêts : Les intérêts déterminent le
degré d'investissement émotionnel dans les activités et les
objets de la vie courante, dans l'environnement. Cet
investissement peut être élevé jusqu'à la
surexcitation ou diminué jusqu'à la réduction du champ
des intérêts et au désinvestissement total. Le jeune qui ne
ressent plus les plaisirs de la vie et n'a plus d'intérêt
sexuel est dit anhédonique; on le dit
apathique ou amorphe, quand il ne réagit plus
à rien. Une autre perturbation de l'intérêt peut se
caractériser par la focalisation sur un thème précis
(l'idée obsédante ou l'idée paranoïde, par exemple).
Cours de la pensée : Le cours de la pensée
comprend deux volets : le rythme de la pensée et la logique de
l'association des idées.
Le rythme de la pensée peut s'accélérer, par
exemple, devant une anxiété qui n'est pas trop invalidante,
dans les situations stressantes ou stimulantes qui demandent
une activité intellectuelle élevée. On parle de tachypsychie
lorsque le débit de la pensée est accéléré au point d'en
oublier l'idée de départ et d'en perdre le fil conducteur (ex.,
la manie). Un rythme ralenti peut aussi se manifester
dans plusieurs circonstances normales (ex., la fatigue) ou
pathologiques (ex., dépression majeure et dans certains états
psychotiques).
La logique de l’association des idées réfère
aux notions de cohérence ou d'incohérence. Il en existe
plusieurs types et variantes. On parle d'une pensée cohérente
lorsqu’elle respecte la logique usuelle ou du moins une
logique intrinsèque aisément identifiable et compréhensible.
Les associations d’idées sont dites relâchées
(loose) lorsqu’elles comportent des incohérences
mineures qui n'empêchent pas de discerner une certaine suite
minimale dans le discours. Elles se situent à un degré moyen
par rapport aux incohérences franches ou aux
déraillements qui caractérisent les idées qui s'agencent
selon une logique incompréhensible pour un interlocuteur.
Forme de la pensée : Chaque personne
possède à la fois une pensée concrète et une pensée abstraite
avec, normalement, une prédominance de cette dernière à partir
de l'adolescence. L'importance donnée à l'une ou l'autre de ces
formes de la pensée peut être excessive chez certains jeunes.
La pensée concrète s'attarde aux apparences, à la forme et aux
choses réelles, associant des événements seulement parce qu'ils
se juxtaposent dans un contexte donné. La pensée abstraite peut
aller au-delà des apparences, s’intéresser au fond,
appréhender les idées et faire des associations plus complexes,
de type causal.
Contenu de la pensée : On s'intéresse ici
aux thèmes qui reviennent dans le discours et qui vont du
simple questionnement aux préoccupations excessives. On dit par
exemple que le contenu de la pensée est occupé ou même
envahi, que ce soit par des thèmes affectivement
chargés (anxieux, de culpabilité, suicidaires ou paranoïdes),
ou par des situations de la vie quotidienne (des soucis à
propos de l'école, des loisirs ou la planification des fins de
semaines).
Délire : Le délire (delusion) est
une erreur de la logique de la pensée, du raisonnement. Il se
définit comme une conviction absolue, mais pourtant erronée,
qui est irréductible par la logique et qui n’est pas
ébranlée par l'évidence des faits. Cette conviction est vécue
comme une réalité inaliénable ayant une grande signification
personnelle ou universelle, souvent extraordinaire, et éloignée
des croyances du groupe culturel d'appartenance.
Par ailleurs, sous l’angle des contenus de la pensée,
le délire peut rester encapsulé, i.e. quand le patient
n'y pense qu'à l'occasion et en parle peu spontanément; il est
alors relégué dans le passé, ayant perdu sa portée affective
sur le présent. Dans la situation contraire, le délire est dit
envahissant.
Troubles de la perception et hallucinations
: Chez l'individu normal, on peut penser que la
perception reste relativement fidèle à la réalité objective.
Chez les jeunes atteints de troubles mentaux majeurs, elle peut
s'en éloigner de plus en plus. Cependant, un trouble de la
perception n'indique pas toujours la présence d'une psychose,
surtout s'il constitue un symptôme unique, sans autre signe
associé. Les hallucinations se présentent comme un trouble de
la perception touchant l'un des cinq sens, on parlera donc
d'hallucinations auditives, visuelles, olfactives, gustatives,
tactiles.
Sensorium (état de conscience) : La
conscience dont il est question ici ne concerne pas la
conscience morale, faculté de juger des
situations en fonction de valeurs intégrées à la personnalité,
mais la vigilance, cet état d'éveil dans lequel on
reconnaît le monde environnant, la vie intérieure et leurs
liens mutuels.
Orientation : L'orientation est une
dimension de la mémoire dans ce qu'elle a de plus simple et de
plus fondamental: a) l'ancrage immédiat temporel, b) spatial et
c) l'identité personnelle de l'individu et la reconnaissance de
ses proches. La désorientation peut donc toucher trois sphères
: le temps, l'espace et les personnes. |
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| 4. Formulation
d'une synthèse |
La formulation d'une synthèse sert à
indiquer les points saillants auxquels on peut se référer pour
comprendre comment le développement de la maladie vient
s'inscrire dans la vie du jeune patient de façon à expliquer
son état mental actuel et à orienter une prise en charge
éventuelle. Le clinicien doit être en mesure de synthétiser et
d'organiser l'information disparate, recueillie de diverses
sources, dans un cadre conceptuel qui lui permette de voir a)
comment les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux
s'additionnent, interagissent et prédominent les uns sur les
autres, d’élaborer une compréhension clinique comportant
des facteurs prédisposants (plus distants dans le
temps), précipitants (plus rapprochés dans le temps)
ou perpétuants (agissant actuellement). |
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| 5. Diagnostic
multiaxial |
Axe I : Diagnostic
psychiatrique principal (comprend 17 grandes classes de
diagnostic). Cet axe peut contenir un ou plusieurs diagnostics
psychiatriques ou bien une alternative opposant deux ou trois
possibilités (diagnostic différentiel). Un survol des
diagnostics d'axe I et II se trouve aux deux pages suivantes.
Axe II : Troubles de la personnalité
et/ou retard mental (comprend 12 diagnostics, plus un 13e
dit « sans précision »). L'axe II sert à indiquer les traits ou
les troubles de la personnalité qui peuvent contribuer à faire
connaître la structure mentale du malade. Il ne s'agit pas de
symptômes aigus; c'est plutôt un style de vie égo-syntone qui
caractérise le fonctionnement de l'individu. On note aussi le
retard mental à l'axe II. L'absence de diagnostic sur cet axe
est.
Axe III : Affections médicales
générales. On rapporte ici les problèmes et maladies
physiques (symptômes, maladies, grossesse). Si un trouble
mental est clairement la conséquence physiologique directe
d'une affection médicale, il faut l'indiquer à l'axe I et
l'affection médicale est répétée à l'axe III. |
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1. Troubles de
l’enfance ou de l'adolescence
Retard mental
Troubles de la communication
Troubles des apprentissages
Trouble des habiletés motrices
Troubles envahissants du développement
Déficit de l’attention et comportements
perturbateurs
Autres troubles (Mutisme sélectif, trouble de
l’attachement; Anxiété de séparation, mouvements
stéréotypés)
Tics (tic transitoire, tic moteur ou vocal chronique,
Gilles de la Tourette)
Troubles du contrôle sphinctérien (énurésie,
encoprésie)
Troubles de l’alimentation et des conduites
alimentaires (mérycisme, Pica)
2. Delirium, démence, amnésie
et autres troubles cognitifs
Démence
Troubles amnésiques dus à maladie ou substance
Autres troubles cognitifs
Delirium dû à maladie ou substance
3. Troubles mentaux dus à une
maladie
4. Troubles liés à une
substance
Alcool, opiacés, cannabis, sédatifs, hypnotiques,
cocaïne, caféine, hallucinogènes, nicotine, solvants
volatils, amphétamine, anxiolytiques, etc.
5. Schizophrénie et autres
troubles psychotiques
Schizophrénie (paranoïde, désorganisée, catatonique,
indifférenciée, résiduelle)
Trouble délirant (érotomaniaque, mégalomaniaque, de
jalousie, de persécution, somatique, mixte)
Trouble schizophréniforme
Trouble psychotique bref (post partum)
Trouble psychotique partagé
Trouble schizo-affectif
Trouble psychotique dû à maladie ou substance
6. Troubles de
l’humeur
Épisode maniaque
Troubles bipolaires I et II
Épisodes dépressifs
Trouble cyclothymique
Troubles dépressifs dépression majeure (épisode isolé
ou récurrent)
Trouble dysthymique
Trouble dépressif non spécifié
Troubles de l’humeur dus à maladie ou
substance
7. Troubles anxieux
Trouble panique avec ou sans agoraphobie
Agoraphobie sans antécédent de trouble panique
Phobie sociale, phobie spécifique
Trouble d'anxiété généralisée
Trouble obsessionnel-compulsif
Trouble anxieux dû à maladie
État de stress aigu
État de stress post-traumatique
8. Troubles
somatoformes
Somatisation
Trouble somatoforme indifférencié
Hypocondrie
Trouble de conversion
Trouble douloureux
9. Troubles factices
Avec symptômes psychologiques, physiques ou mixtes
10. Troubles
dissociatifs
Amnésie dissociative, fugue dissociative,
Trouble dissociatif de l’identité (pers.
multiple),
Dépersonnalisation |
11. Troubles
sexuels
Troubles de l’identité sexuelle (enfant,
adolescent, adulte)
Dysfonctions sexuelles (troubles du désir, de
l’excitation, de l’orgasme; autres :
dyspareunie, vaginisme)
Paraphilies (fétichisme, transvestisme fétichiste,
exhibitionnisme, voyeurisme, pédophilie, sadisme et
masochisme, frotteurisme)
12. Troubles des conduites
alimentaires
Anorexie mentale seule ou avec boulimie
Boulimie avec ou sans vomissements
13. Troubles du
sommeil
Troubles primaires du sommeil
Dyssomnies (insomnie, hypersomnie primaire,
narcolepsie, trouble du sommeil lié à la respiration,
au rythme circadien)
Parasomnies (somnambulisme, terreurs nocturnes,
cauchemars)
Troubles du sommeil liés à un autre trouble mental
Troubles du sommeil dus à maladie ou substance
14. Troubles du contrôle des
impulsions
Jeu pathologique, pyromanie, kleptomanie,
Trichotillomanie, trouble explosif intermittent
15. Troubles de
l’adaptation
avec perturbation des émotions et des conduites
16. Troubles de la
personnalité
Un trouble de personnalité, selon le DSM-IV, « est un
mode durable de conduites et de l’expérience
vécue qui dévie notablement de ce qui est attendu dans
la culture de l’individu, qui est envahissant et
rigide, qui apparaît à l’adolescence ou au début
de l’âge adulte, qui est stable dans le temps et
qui est source d’une souffrance ou d’une
altération du fonctionnement ».
Personnalité schizoïde : caractérisée par
un détachement des relations sociales et une
restriction des expressions émotionnelles.
Personnalité schizotypique : caractérisée par
une gêne aiguë dans les relations intimes, par des
distorsions cognitives et perceptuelles et des
conduites excentriques.
Personnalité paranoïaque : caractérisée par
une méfiance soupçonneuse envers les autres dont les
intentions sont interprétées comme malveillantes.
Personnalité évitante : caractérisée par une
inhibition sociale, par des sentiments de ne pas être à
la hauteur et une hypersensibilité au jugement négatif
d’autrui.
Personnalité dépendante : caractérisée par un
comportement soumis et collant lié à un besoin excessif
d’être pris en charge.
Personnalité histrionique : caractérisée par
des réponses émotionnelles excessives et une quête
d’attention.
Personnalité obsessionnelle-compulsive :
caractérisée par une préoccupation par l’ordre,
la perfection et le contrôle.
Personnalité narcissique : caractérisée par
des fantaisies ou des comportements grandioses, un
besoin d’être admiré et un manque
d’empathie.
Personnalité antisociale : caractérisée par le
mépris et la transgression des droits
d’autrui.
Personnalité borderline : caractérisée par
l'impulsivité et l'instabilité de relations
interpersonnelles, de l’image de soi et des
affects.
17. Autres situations
d’examen clinique
Problèmes relationnels (parents-enfants,
partenaire...)
Problèmes liés à l’abus ou à la négligence (abus
physique et sexuel d’un enfant ou d’un
adulte)
Situations supplémentaires (deuil, problème
professionnel, religieux, problème lié l'acculturation,
en rapport avec une étape de vie, etc.) |
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Axe IV: Problèmes
psychosociaux et environnementaux. L'axe IV permet de
faire état des problèmes sociaux et environnementaux à court
terme (au cours des mois précédents) et à long terme
(chroniques) susceptibles d'influer sur le diagnostic, le
traitement et le pronostic des troubles mentaux. Les problèmes
psychosociaux peuvent appartenir à l'une des catégories
suivantes :
- Problèmes avec le groupe de support
principal (famille): par exemple, décès d'un membre de la
famille, séparation, divorce, déménagement;
- Problèmes liés à l'environnement
social : par exemple, perte d'un ami, acculturation,
solitude, retraite;
- Problèmes d’éducation : par
exemple, analphabétisme, difficultés d'apprentissage,
conflits avec les enseignants ou les camarades de
classe;
- Problèmes professionnels : par
exemple, chômage, conditions de travail difficiles,
conflits avec les collègues ou les patrons;
- Problèmes de logement : par exemple,
absence de domicile fixe, voisinage dangereux, insalubrité,
discorde avec les voisins ou le propriétaire;
- Problèmes économiques : par exemple,
grande pauvreté, insuffisance des revenus, difficulté à
gérer le budget;
- Problèmes d'accès aux services de
santé : par exemple, difficultés de transport, services
inadéquats ou non offerts;
- Problèmes en relation avec les
institutions judiciaires ou pénales : par exemple,
arrestations, incarcération, victime de crime, poursuites
judiciaires;
- Autres problèmes psychosociaux et
environnementaux : par exemple, catastrophe naturelle,
guerre, conflits avec un professionnel de la santé.
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Axe V :
Évaluation globale du fonctionnement (EGF).
L'axe V permet d'inscrire une évaluation du niveau de
fonctionnement global de l'individu. On doit prendre en
considération les conséquences des symptômes sur les relations
sociales, le travail ou les études et les loisirs. Le score (de
1 à 100) est basé sur le moment de l'évaluation, mais on peut
aussi le comparer au meilleur score atteint dans les mois
précédents. Cette information est utile à la planification du
traitement et au pronostic. On note le niveau de fonctionnement
selon l'échelle présentée au tableau suivant.
Échelle
d'évaluation globale du fonctionnement EGF (ou
G.A.F., Global Assessment of Functioning
Scale). Continuum hypothétique allant de la santé
mentale à la maladie.
100-91
Niveau supérieur de fonctionnement dans une
grande variété d'activités. N'est jamais débordé par
les problèmes rencontrés. Est recherché par autrui en
raison de ses nombreuses qualités. Absence de
symptômes.
90-81
Symptômes absents ou minimes (p. ex., anxiété
légère avant un examen), fonctionnement satisfaisant
dans tous les domaines, intéressé et impliqué dans une
grande variété d'activités, socialement efficace, en
général satisfait de la vie, pas plus de problèmes ou
de préoccupations que les soucis de tous les jours (p
ex., conflits occasionnels avec des membres de la
famille).
80-71
Si des symptômes sont présents, ils sont
transitoires et il s'agit de réactions prévisibles à
des facteurs de stress (p. ex., des difficultés de
concentration après une dispute familiale); pas plus
qu'une altération légère du fonctionnement social,
professionnel ou scolaire (p. ex., retard temporaire du
travail scolaire).
70-61
Quelques symptômes légers (p. ex., humeur
dépressive et insomnie légère) ou une certaine
difficulté dans le fonctionnement social,
professionnel ou scolaire (p. ex., école buissonnière
épisodique ou vol en famille), mais fonctionne assez
bien de façon générale et entretient plusieurs
relations interpersonnelles positives.
60-51 Symptômes
d'intensité moyenne (p. ex., émoussement affectif,
attaques de panique épisodiques) ou difficultés
d'intensité moyenne dans le fonctionnement social,
professionnel ou scolaire (p. ex., peu d'amis, conflits
avec les camarades de classe ou les collègues de
travail).
50-41 Symptômes
importants (p. ex., idéation suicidaire, rituels
obsessionnels sévères, vols répétés dans les grands
magasins) ou altération importante du fonctionnement
social, professionnel ou scolaire (p. ex., absence
d'amis, incapacité à garder un emploi).
40-31 Existence
d'une certaine altération du sens de la réalité ou de
la communication (p ex., discours par moments
illogique, obscur ou inadapté) ou déficience majeure
dans plusieurs domaines, p. ex., le travail, l'école,
les relations familiales, le jugement, la pensée ou
l'humeur (p. ex., un homme déprimé évite ses amis,
néglige sa famille et est incapable de travailler; un
enfant bat fréquemment des enfants plus jeunes que lui,
se montre provocant à la maison et échoue à
l'école.).
30-21 Le
comportement est notablement influencé par des idées
délirantes ou des hallucinations, ou trouble grave de
la communication ou du jugement (p. ex., parfois
incohérent, actes grossièrement inadaptés,
préoccupation suicidaire), ou incapacité de fonctionner
dans presque tous les domaines (p, ex., reste au lit
toute la journée, absence de travail, de foyer ou
d'amis).
20-11 Existence d'un
certain danger d'auto ou d'hétéro agression (p ex.,
tentative de suicide sans attente précise de la mort,
violence fréquente, excitation maniaque) ou incapacité
temporaire à maintenir une hygiène corporelle minimum
(p. ex., se barbouille d'excréments) ou altération
massive de la communication (p. ex., incohérence
indiscutable ou mutisme).
10-1 Danger
persistant d'auto ou d'hétéro agression grave (p. ex.,
accès répétés de violence) ou incapacité durable à
maintenir une hygiène corporelle minimum ou geste
suicidaire avec attente précise de la mort. |
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| 6. Pronostic |
Le pronostic est une estimation de
l'évolution probable de la maladie à court, moyen et long terme
sous l'effet du traitement prescrit. Il tient compte des
limites et des ressources personnelles du jeune patient, de son
environnement et de son attitude face au traitement proposé.
Dans le rapport, il est utile d'indiquer les facteurs de bon et
de mauvais pronostic. Le pronostic porte sur l'ensemble de
l'évolution probable, mais aussi sur des objectifs particuliers
qu'on doit alors préciser. Par exemple, le pronostic peut
concerner l'atténuation ou la disparition des symptômes
psychotiques, des symptômes négatifs, du risque suicidaire ou
des risques d'agression. |
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7. Plan de soins
(ou d'intervention) individualisé |
Le but de l'évaluation psychiatrique est
de pouvoir spécifier une conduite thérapeutique adaptée au
problème en question, conduite qui comporte plusieurs aspects
plus ou moins importants selon la complexité de la condition du
jeune. On préconise un plan de soins individualisé (PSI)
discuté ouvertement par les intervenants avec la participation
du jeune, afin de mieux intégrer et orchestrer les efforts
thérapeutiques en s'assurant de la compréhension et de la
motivation du malade. Il comporte : des aspects administratifs,
biologiques, psychologiques et sociaux. |
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*Inspiré et adapté de Denis, J.F., Gagnon.
J. et F Gagnon (1999). Examen psychiatrique (pp.34-69). In
Lalonde, P., Aubut, J, et F. Grunberg. (Eds.) Psychiatrie
clinique: une approche bio-psycho-sociale. Chicoutimi : Gaëtan
Morin. |
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