En 1963, deux chercheurs japonais, Sato
et Omura, ont appelé « pigments 450 » ou « cytochromes 450 » un
ensemble de composés biochimiques, des iso-enzymes. L'idée de
ce nom leur est venue du fait que ces iso-enzymes ont tendance
à absorber la lumière à une fréquence bien spécifique (soit
450nm). Depuis, il s'est développé une littérature très
importante au sujet des cytochromes P450.
Chez l’homme, on trouve ces cytochromes P450 dans
presque tous les tissus. Des organes particulièrement riches en
P450 sont le foie et les glandes surrénales. Leur fonction
physiologique est de participer au métabolisme de plusieurs
substances, notamment des médicaments. En fait, il n’y
pas une protéine cytochrome P450, mais bien plusieurs
formes ont été classées en familles et sous-familles. Chez
l'homme, les iso-enzymes p450-1A2, p450-2C9, p450-2C19,
p450-2D6 et p450-3A4 sont les plus impliquées dans la
biotransformation de nombreux médicaments.
La plupart des cytochromes P450 peuvent être induits ou
inhibés par certains médicaments. Cette induction ou
inhibition est souvent la cause d’effets secondaires
complexes, lorsqu'il y a poly pharmacie (ou prescription
de plusieurs médicaments).
Plusieurs interactions médicamenteuses peuvent être
expliquées par l’existence des cytochromes. Chaque
médicament utilise sa voie d’élimination particulière, et
celle-ci peut impliquer un ou plusieurs cytochromes. Lorsque
deux médicaments sont administrés en même temps, il arrive
qu’ils compétitionnent entre eux pour le même cytochrome.
Celui qui aura une plus grande affinité pour le cytochrome
gagnera, et l’autre sera moins métabolisé. Cela conduira
donc à une accumulation d’un des deux médicaments,
pouvant causer une toxicité.
Ainsi, un médicament (A) inhibiteur d'un cytochrome
P450 (la fluvoxamine, un antidépresseur, par exemple) qui est
administré en même temps qu'un autre médicament (B), va inhiber
le métabolisme du médicament (B), provoquant ainsi une
augmentation des concentrations sanguines et des risques de
toxicité du médicament (B).
Inversement, un médicament (C) inducteur d'un
cytochrome P450 (les barbituriques par exemple), qui est
administré en même temps qu'un autre médicament (D), va
accélérer le métabolisme du médicament (D), provoquant ainsi
une diminution des concentrations sanguines et un risque
d'échec thérapeutique du médicament (D).
Les cytochromes sont soumis à notre hérédité, c’est ce
qu’on appelle polymorphisme. Par exemple, environ 10% de
la population a une déficience en cytochrome p450-2D6. Ces
individus prendront donc plus de temps pour dégrader les
médicaments métabolisés par le cytochrome p450-2D6 et donc
seront plus à risque d’effets indésirables.
Interactions médicamenteuses entre les
antidépresseurs, les barbituriques, la carbamazépine et les
cytochromes.
Parmi les antidépresseurs, plusieurs molécules peuvent être
considérées comme des inhibiteurs des cytochromes P
450: il s'agit du bupropion, de la fluoxétine, de la
fluvoxamine, du néfazodone, de la paroxétine, de la sertraline
et la venlafaxine. Cela signifie qu'ils peuvent retarder le
métabolisme d'autres médicaments qui seraient donnés
conjointement, entraînant des effets secondaires et des risques
de toxicité.
Inversement, les barbituriques, la carbamazépine et
phénobarbital sont des inducteurs d'enzymes P450 et
peuvent diminuer de beaucoup l'efficacité d'autres médicaments
qui pourraient être prescrits en même temps.
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Enzymes P450
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Inhibiteurs
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Inducteurs
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| CYP1A2 |
Fluvoxamine |
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| CYP2C9 |
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Barbituriques |
| CYP2CI9 |
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Barbituriques |
| CYP2D6 |
Fluoxétine, paroxétine |
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| CYP3A4 |
|
Carbamazépine,
phénobarbital |
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